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Technique · 

Les pierres de couleur sont-elles un investissement ?

La question posée franchement, et la réponse sans argumentaire de vente : ce qu’une pierre fait, et ne fait pas, en tant qu’actif.


Je vends des pierres : pesez ce qui suit en conséquence. C’est aussi la réponse que je donne à mes clients avant qu’ils n’achètent, parce que l’autre issue, c’est un propriétaire déçu dans dix ans.

Ce qu’une pierre ne fait pas

Elle ne verse rien. Pas de coupon, pas de dividende, pas de loyer. Tout le rendement se réduit à ce que quelqu’un vous paiera plus tard, ce qui veut dire que c’est la durée de détention qui fait tout le travail.

Elle ne se négocie pas. Il n’y a pas de bourse, ni de cours ou de prix acheteur quotidien sur lequel agir. Vendre une pierre d’importance suppose un cycle de vente aux enchères ou un placement privé, et l’un comme l’autre se comptent en mois. Quiconque qualifie une gemme de liquide décrit autre chose.

Et elle porte un écart qui écrase tout ce qui existe sur les marchés financiers. La distance entre le prix de détail d’une pierre et ce que vous pouvez en obtenir est le premier obstacle à tout gain. Achetez au plein prix de détail, et la pierre devra s’apprécier considérablement rien que pour vous rendre votre capital.

Ce qui a réellement tenu sa valeur

Une bande étroite. Une matière non traitée, une belle couleur, des papiers de maisons que le marché respecte, des dimensions rares et des origines au palmarès établi. À l’intérieur de cette bande, le bilan de long terme est bon, et dans certaines catégories il a été très bon. Le mot non chauffé fait une grande partie du travail dans cette phrase.

En dehors, il ne s’est presque rien passé. La marchandise commerciale traitée, les petites dimensions, les pierres sans papier et les variétés à la mode sans base de collectionneurs n’ont pas performé, et il n’y a aucune raison particulière d’attendre qu’elles le fassent. La réputation d’investissement de la catégorie repose sur le sommet du marché et se vend à des gens qui en achètent le bas.

Les coûts que personne n’annonce

L’assurance, le stockage sécurisé et la certification — y compris une nouvelle certification quand les rapports vieillissent ou qu’une pierre est retaillée. Vendre aux enchères coûte une commission vendeur ; acheter aux enchères ajoute des frais acheteur par-dessus le prix d’adjudication. Rien de tout cela n’est lourd sur une seule année. Tout cela se cumule contre un actif qui ne rapporte rien.

Là où cela a du sens

Une pierre est une réserve de valeur pour qui détient déjà du capital, veut en placer une part hors du système financier sous une forme portable, discrète et durable, et peut la laisser dormir une décennie ou davantage. À ces conditions, elle fait bien son travail, et le fait depuis très longtemps.

Ce n’est ni une stratégie de revenu ni une opération de marché, et cela ne remplace pas un portefeuille diversifié. Si une pierre doit être vendue à une date fixée, c’est le mauvais actif.

Le seul levier qu’un acheteur maîtrise réellement, c’est le prix d’entrée. Tout ce qui précède — l’écart, le rendement absent, la sortie lente — est fixé par la nature de la chose. Ce que vous payez au départ, non. C’est là tout mon argument en faveur d’un achat près de la source, et je préfère l’exposer simplement plutôt que de le déguiser en prévision.

Achetez une pierre parce que vous voulez la posséder, à un prix qui ne vous gênerait pas si vous ne la vendiez jamais. Tout ce qu’elle fera ensuite est un bonus, pas un plan.

Les questions des collectionneurs

Les pierres de couleur sont-elles un bon investissement ?

Seulement dans une bande étroite de marchandise, et seulement sur un horizon long. Les pierres non traitées de belle couleur, dans des dimensions réellement rares, accompagnées de rapports de laboratoires que le marché respecte, ont tenu et accru leur valeur. La marchandise commerciale traitée, les petites dimensions et les pierres sans papier, non. Une pierre ne verse aucun rendement, ne se vend pas vite et porte un écart très large entre le prix de détail et le prix réalisable : elle convient donc à un capital que l’on peut laisser dormir une décennie, plutôt qu’à de l’argent qui doit rester disponible.

Quelle est la liquidité des gemmes comparée à celle de l’or ?

Bien moindre. L’or est fongible et fait l’objet d’une cotation continue. Chaque gemme est unique : il n’existe donc ni bourse, ni cours quotidien, ni indice. Vendre une pierre d’importance suppose un cycle de vente aux enchères ou un placement privé, et l’un comme l’autre se comptent en mois plutôt qu’en jours.

Quel est le coût le plus lourd quand on achète une gemme comme actif ?

L’écart — la distance entre le prix de détail et ce que vous pourriez réellement obtenir à la revente. Il écrase l’assurance, le stockage et la certification réunis. Acheter près du prix de gros est la seule part de l’équation qu’un acheteur maîtrise véritablement.